La thérapie

Vous ne voulez pas d’un psy « neutre », parce que vous n’avez pas seulement besoin de quelqu’un qui écoute votre histoire ou qui pose un diagnostic, mais vous recherchez un thérapeute qui vous propose des solutions, un protocole ou des actions concrètes à mettre en place dans votre vie quotidienne, pour aller mieux. 

A l’instar de Paul Watzlawick, psychologue américain de l’école de Palo-Alto, je pense que si la thérapie dure trop longtemps c’est qu’elle n’est pas efficace.

Chaque être humain est biologiquement unique. Et si au niveau biologique nous sommes tous différents les uns des autres, c’est encore plus vrai au niveau cognitif, spirituel ou émotionnel. Beaucoup de personnes vivent cette singularité comme un handicap, « je ne suis pas comme les autres », sans voir qu’il s’agit d’une extraordinaire opportunité. Votre différence c’est justement votre richesse, car cette richesse est unique et il n’y a que vous qui puissiez l’apporter au collectif. Si nous étions « tous pareils » nous serions des clones, nous penserions tous de la même façon, irions voir les mêmes films ou écouterions la même musique. Adieu diversité, adieu toute la richesse du monde que nous connaissons.

Heureusement que vous n’êtes « pas comme les autres » !

Ce qui veut dire que chaque personne a des motifs spécifiques pour consulter, qui n’appartiennent qu’à elle. Pour cette raison je n’ai pas de protocole « clés en main » que je déroulerai de façon identique pour toutes les personnes que je reçois. Je dois adapter ma pratique – en fonction de l’âge, du sexe, de la culture, du contexte …

En règle générale je propose des thérapies brèves, basées sur deux piliers, la compréhension (l’écoute) et la pratique (la mise en place du changement). Dans ce contexte, la compréhension sans pratique n’aidera pas à progresser. Je vais prendre un exemple : pour apprendre à conduire je dois comprendre à quoi sert un volant, un levier de vitesse ou une pédale de frein, mais ce n’est pas suffisant. Je dois aussi bien évidement pratiquer, c’est à dire conduire en situation réelle. Je peux lire tous les manuels, comprendre le fonctionnements de tous les « organes » de la voiture, rien ne peut remplacer l’expérience directe de la conduite, assis derrière le volant, dans la circulation. C’est la seule façon, pour mon cerveau, d’apprendre à conduire.

En tant que psychologue, je travaille avec la parole. A ce niveau, l’écoute est primordiale, c’est la fondation, la première pierre de l’édifice.

Souvent, j’entend des personnes dire : « J’ai bien compris l’origine de ma souffrance, mais que dois-je faire pour en sortir ? »

En premier lieu, êtes vous vraiment certain(e) d’avoir vraiment compris tous les enjeux, tous les mécanismes de la situation que vous évoquez ?

La plupart du temps, on en perçoit qu’une partie …

Nous avons la chance d’avoir un cerveau. C’est lui qui me permet de taper ce texte sans avoir à réfléchir à la position de mes mains, à la grammaire ou aux tournures de phrases que j’emploie. Au fait de garder mon corps en équilibre sur mon siège sans tomber même si je me penche, ou si je tourne la tête.

Si j’étais né au Vietnam, je parlerai aujourd’hui vietnamien aussi facilement que je parle le français, sans même avoir besoin d’y penser. Mais pour cela le cerveau à besoin d’apprendre. Il apprend et s’adapte, avec une plasticité phénoménale.

Et si je suis placé dans un environnement toxique, violent, stressant, traumatisant, même de façon ponctuelle, mon cerveau va « apprendre » à mettre en place un certain nombre de mécanismes visant à protéger mon intégrité. Je n’ai rien à faire pour cela, mon cerveau est programmé pour réagir de cette façon.

Exemple extrême : dans un pays en guerre il faut se méfier de tout, c’est très facile dans cet environnement de devenir paranoïaque, car c’est aussi un bénéfice : en développant ce type de comportement je vais très probablement augmenter mes chances de survie par rapport à une personne qui ne l’est pas.

Mais une fois la guerre terminée, que se passe-t-il ? Au lieu de jouir de la paix revenue, la personne paranoïaque va continuer à vivre «en guerre» à l’intérieur d’elle même, et dans ses rapports avec les autres.

Comme si un «programme» mis en place par le cerveau, et adapté à une situation donnée, continuait à perdurer en «mode automatique», alors même que la situation qui l’a généré a complètement disparu. Ce qui veut dire que mon cerveau va spontanément générer des attitudes ou des postures, apprises lorsque j’étais enfant par exemple, mais qui peuvent se révéler inadaptées au contexte qui est le mien maintenant que je suis adulte.

C’est la raison pour laquelle de nombreux manuels insistent sur l’importance des schémas acquis durant l’enfance.

Pour sortir de ces schémas, il faut dans un premier temps prendre conscience de ce qui est en train de se (re)jouer. Puis dans un second temps, mettre en places des exercices générateurs de nouvelles habitudes, de nouveaux comportements, de nouvelles postures qui vont remplacer l’ancienne façon de faire, de réagir, par quelque chose de neuf et de plus adaptés à l’environnement présent.

Au delà de la théorie, la pratique est souvent difficile, car cela oblige le consultant à affronter de fausses croyances ou des peurs enracinées depuis longtemps.

Si chaque patient est unique et présente un ressentit, des émotions et une histoire qui n’appartiennent qu’à lui, la réussite pleine et entière du process n’est pas liée à la spécificité d’un symptôme. A priori, tout type de pathologie peut être traité. La réussite dépend essentiellement du niveau de motivation du consultant, et de sa capacité à être actif dans la concrétisation de son désir de changement.

Il est difficile de changer une habitude, d’autant plus qu’elle est ancrée depuis longtemps, que ce qui est nouveau est, par définition, inconnu, et que l’inconnu fait peur. Une part de nous a envie de changer, et une autre part de nous va inventer mille bonnes raisons pour ne pas avancer – pourquoi s’embêter à changer, après tout, tout ne vas pas si mal comme ça … 

C’est pourquoi j’insiste sur l’importance de la motivation. Quelle est mon intention, qu’est ce que je choisis de nourrir, la part de moi qui freine ou la part de moi qui désire évoluer, changer ? On avancera bien évidement plus vite dans un cas que dans l’autre !